Cette sculpture fut réalisée pour l'Opéra bouffe "Les naufragés de l'Olympe" mis en scène par Gilles Zaepffe sur une musique de Giovanna Marini dans une production du Théâtre de Vidy à Lausanne (Suisse).

Cette Sculpture, composée d'une quarantaine de pièces de récupération en tout genre devait être assemblée en scène, pendant le spectacle . Durant tout le premier acte, les comédiens arrachaient au décor des morceaux de ferrailles et autres matières pour fabriquer cette créature . Au dernier acte alors que tout paraissait bien installé autour de la créature, elle s'écroulait d'un seul coup, répandant ses morceaux sur la scène.

Sculpture récupération pour l'opéra
Humanus Secundo

INTERVENANTS:
Olivier Borne, sculpteur

MISE EN OEUVRE / MATÉRIAUX:
Acier, bois, élément de récupérations

LIENS:
Théâtre de Vidy

Affiche du spectacle

Envoyer Imprimer Article paru dans l'Humanité
le 23 juillet 1992

FAIM ET SOIF D’AUJOURD
Les dieux sont tombés sur un os avec une musique à la hauteur (Giovanna Marini) et un livret qui les tire par trop vers le bas (Pierre Meunier). On ne peut décidément avoir le beurre et le petit lait
De notre envoyé spécial.

LES temps sont durs pour tout le monde, à plus forte raison pour les dieux obsolètes, ceux qu’a chassés un jour le monothéisme, lequel est lui-même passablement battu en brèche au profit de divinités prosaïques d’arrière-boutique. C’est de là que partent « les Naufragés de l’Olympe » (1), « fantaisie lyrique » sur un livret de Pierre Meunier et une musique de Giovanna Marini. Où l’on voit Prométhée (Ricardo Di Napoli), devant un petit feu, se lamenter sur l’ingratitude des hommes puis, rejoint par Musa Diva (Claudine Le Coz) qui leur fit don de l’art du chant et Panica, déité sylvestre, fille de Pan (Sylvie Sullé) se mettre à comploter la fondation d’une nouvelle race de mortels, cette fois déférente et soumise, baptisée « Humanus Secundo ». Pour ce faire, avec l’aide de Grouillot (Paule Kingleur), homme-esclave, mi-Caliban mi-mineur de « l’Or du Rhin » rendu sourd et muet, ils fabriquent une sorte de robot métallique. Caron (Pierre Meunier), bâtard divin dupé par les trois dieux, se vengera en faisant passer Grouillot, immémorial prolétaire, pour l’« Humanus Secundo »(sculpture réalisée par Olivier Borne). Les dieux ne se relèveront pas de l’humiliation et le vigile des Enfers n’aura plus qu’à les charger, inertes, sur son wagonnet…

Jean-Pierre Léonardini

LIENS: Les archives du spectacle